Par un jour de décembre 1981, je décide de prendre le téléphone et d' appeler pour la première fois de ma vie : un psychanalyste (analysé par Jacques Lacan).
Il faut dire qu' à cette époque j' étais étudiant en licence de psycho et qu' un autre rendez-vous m'attendait à travers des stages sensés préparer les étudiants à la vie professionnelle : celui de la rencontre avec la "folie". (Là, quand on est poli on dit "psychose"!).
J' avais donc suivi les conseils des "maîtres" de faire un "travail sur soi", de "prendre du recul" ... de "chercher à mieux comprendre son propre fonctionnement" etc.
Au bout de quatre ans, une véritable métamorphose s' est opérée en moi : moi, qui étais plutôt du genre existentialiste-anarcho-marxiste-sartrien, j' étais devenu ... Chrétien !
Enfin en 1985, je m' inscrit pendant deux ans à l' institut Catholique de Lyon et jusqu'en 2001, je serai un catholique pratiquement pratiquant ! ...
16 ans de pratique religieuse ... de réflexion théologique ... (pour en arriver où ?) ... enfin, il a fallu que je passe par là.
L' année 1983, j' avais obtenu mon diplôme de psychologue et il me restait à travailler les séminaires de Lacan pour comprendre comment devenir enfin analyste ...
En 83-84, j' exerçais pour la première fois le métier de psychologue dans un cadre très ouvert à l' analyse, enfin un parcours presque sans faute sur le plan professionnel, j' avais obtenu en 1982 la maîtrise de psychologie clinique avec la mention assez bien ce qui représentait pour mon entourage un quasis miracle, il faut dire que ma scolarité avant la fac avait été plus que houleuse, enfin en 1985 parallèlement à de nouvelles études en science religieuses, je m' inscrivais, pour ainsi dire, en sixième année de psycho avec une expérience de travail d' un an que je croyais utile pour les études.
A cette période, j' écrivis un mémoire en psychologie de 160 pages sur la "musicothérapie et la religion".
Décembre 1989, je pars en Pologne, je passe par Berlin et j' assiste au derniers coups de pioche sur le "mur de la Honte" ...
Pour continuer sur le versant optimiste de mon existence, en 1990 je rencontre Christine et l' année suivante, je suis père de famille en 1991 je travaille comme psychologue et en 92 comme prof de psycho, tout d' abord avec des élèves infirmières puis à la fac à partir 1994 ...
En septembre 1981 nous avions appris la mort d' un certain Jacques Lacan, 20 ans plus tard la structure du World Trad Center s'effondre ...
Pour moi psychanalyse ryhme avec socialisme, en effet souvenez-vous cette période de mai 1981 à mai 1995 ... en 2009, nous pourrons comparer avec les 16 ans de néo-gaullisme ...
Mon problème est que depuis 1985, je n' ai pas "avancé" sur le plan de la recherche intellectuelle (niveau de formation Universitaire).
Aussi, en lien avec l' Université Lyon II, j' ai décidé de reprendre une activité universitaire en vue d' une thèse via deux articles à rédiger et à publier.
L' un de ces articles porte sur la DISSIDENCE dans ses rapports avec l' INCONSCIENT.
En voici la teneur :
La " DISSIDENCE" dans ses rapports avec " l' INCONSCIENT " ...
Économisme ou psychologisme ?
Alfred Adler est un des trois grands fondateurs de la psychanalyse. Adler s'éloigna peu à peu de la théorie de Freud tout en y apportant une notion fondamentale : l'homme remplace efficacement son refoulement sexuel en un complexe d'infériorité.
« Être homme, c'est se sentir inférieur » écrit Adler. Seulement, cela devient le principal problème de l'homme. Ce sentiment d'infériorité peut devenir un complexe de supériorité par surcompensation qui oscille entre « auto misérabilisme » et « autoglorification ».
Le « complexe d'infériorité » est un noeud de sentiments d'infériorité vis-à-vis des autres. Il est souvent inconscient et peut conduire des individus à des réalisations grandioses, des comportements asociaux ou encore les deux. Depuis, des sociologues ont étudié l'existence de ce complexe d'infériorité en le mettant en évidence dans notre citoyenneté à un niveau plus large : réalisations culturelles, économiques et politiques
Il me semble que ce qu' Adler décrit, il y a environ un siècle comme une oscillation ("normale") entre la sous-estimation et la surestimation de soi apparaît
actuellement comme un trouble bipolaire, voire une "psychose" maniaco-dépressive.
Pour moi la question est de repérer qu' il n' y a pas de comportement "normal" en soi, et que la pathologie est relative aux "normes" d' une époque et d' un lieu.
Ce que j' appelle le "paradigme" sociale correspond à un ou une "mode" (model) d' organisation du moi (et de l' ensemble de l' appareil psychique) qui émane d' une conjoncture idéologique dont la
structure correspond aux nécessités d' expression du pouvoir économique.
Ainsi j' arrive au paragraphe "épistémologie" qui va traiter de la DISSIDENCE comme élément majeur de l' EPISTEMOLOGIE PSYCHIATRIQUE : C' est bien là que va se poser la question de la "norme" comportementale, cognitive, imaginative ... du sujet, par rapport aux normes sociales qui sont souvent prises comme des modèles de référence alors que l' histoire nous montre très souvent, qu' "après coup" elles ne l' étaient pas!
La dissidence pose donc à la PSYCHIATRIE la question de savoir si elle est toujours une science, ou bien, parfois, une idéologie au service d' un pouvoir économique, judiciaire et politique.
Pendant la fin de la guerre froide, la notion de dissidence apparaît pour désigner une parcelle de la population devenue marginale dans le cadre d' un système politique communiste, jugé "autoritaire" par les pays capitalistes.
Cette population déviante, souvent pour des raisons idéologiques, était placée dans des hôpitaux prisons appelé "Goulag" qui n' était rien d' autre qu' une forme d' industrie pénitentiaire au service d' une élite dirigeante, dans le cadre d' un système de politique unique où nulle opposition ne pouvait exister de façon officielle.
Les dissidents communistes n' apparaissent pas comme des transgresseurs de la Loi, mais sont diagnostiqués par l' ensemble politico médical de la bureaucratie de l' administration pénitentiaire comme des malades mentaux.
Les diagnostiques étaient souvent proche de celui de délire paranoïaque (délires mystique ou religieux, délire politique avec sentiment de persécution ou délire d' interprétation) cf. " L' archipel du goulag " A.Soljenitsyne.
Aux États-Unis, pendant la même période, la notion de dissidence n' existe pas et pourtant le pays de"la statut de la liberté" inaugure avec le Mc Cartisme une période de "chasse aux sorcières" où à l' inverse de l' URSS ce sont les communistes qui se trouvent la cible d' une administration qui va jusqu' à prononcer des condamnations à la peine de mort pour des motifs de haute trahison. Il semble que dans ce cadre, la santé mentale des "dissidents" n'est pas ou peu évoquée comme prétexte ou comme excuse de leurs pensées ou de leurs comportements.
En 1989, le mur de Berlin tombe, en Europe c' est la chute d' un symbole, mais les espoirs entrevus en Pologne avec Solidarnosc sont de courte durée l' apparition de la politique unique à l' ouest va peu à peu transformer les pays libéraux en véritable dictature dans lesquelles les oppositions sont anéanties économiquement et médiatiquement. Le retour du religieux annoncé comme un espoir au nom de Malraux se révèle comme une catastrophe en 2001 d' autre murs s' écroulent, le World Trad. Center s' effondre, peu à peu, le monde ne semble plus divisé selon un ordre politique mais selon une culture religieuse.
Nous voyons l' importance sur le plan psychique de cette nouvelle redistribution et répartition des croyances.
Suite à une propagande télévisée paranoïaque et anti-Irakienne les États Unis provoque une guerre, en France un sentiment de xénophobie est impulsé par les media au deuxième tours des élections en 2002 la droite extrême 82% et l' extrême droite 18% se partage l' électorat. Je contemple l' horreur depuis la
télévision d' un hôpital psychiatrique, je n' y fais pas gracieusement une quatrième année de stage 20 ans après ma licence de psychologie, je n' y ai pas décroché un emploi après plusieurs dizaines de lettres de candidature et entretiens d' embauche, non, j' y suis enfermé à cause de gens plus violents que moi qui me reprochent ma violence !